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La liberté en franc-maçonnerie

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La liberté en franc-maçonnerie au REAA : en quoi consiste-t-elle ? Qu’implique-t-elle ? Comment se vit-elle ?

Au REAA (Rite Ecossais Ancien et Accepté), les ouvriers franc-maçons travaillent “dans la liberté, la ferveur et la joie”.

Mais ici, le sens du mot liberté s’écarte de la définition communément admise. En effet, la liberté maçonnique n’est ni un sentiment ni une revendication. Elle n’est pas un droit opposable car elle est d’abord une démarche intérieure, qui n’a pourtant rien d’un individualisme.

En franc-maçonnerie, la liberté est avant tout une quête, une recherche qui implique volonté et effort. A ce titre, elle est indissociable du processus initiatique qui consiste à accéder à la connaissance et à la maîtrise de soi.

Ainsi, pour le franc-maçon, la liberté est plus un devoir qu’un droit.

Voyons ce que signifie la liberté en franc-maçonnerie.

Lire aussi notre article : La liberté, définition philosophique.

La liberté en franc-maçonnerie : un travail de libération.

Qu’est-ce que la liberté en franc-maçonnerie ? Loin d’être un acquis, c’est un travail – doublé d’espérance – effectué dans le but d’accéder un jour à un état de lucidité.

Tout au long de sa vie maçonnique, le franc-maçon travaille à ôter les voiles qui troublent son esprit. Car nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont. De la même manière que nous ne voyons pas bien, nous ne comprenons pas bien.

C’est en nous-mêmes que résident les principaux obstacles à la vision pure et libre. En effet, nos perceptions sont déformées par une foule de facteurs inconscients :

  • notre programmation génétique,
  • notre psychologie (ego, instincts, pulsions, traumatismes, passions…),
  • notre éducation,
  • notre culture,
  • notre histoire personnelle,
  • etc.

Ces déterminismes et conditionnements troublent notre raisonnement, ils influencent nos jugements. Ils nous donnent la fausse impression que nos avis partiels constituent la vérité.

Le franc-maçon tente d’identifier et de comprendre ses propres déterminismes pour pouvoir s’en détacher et accéder à la part universelle de son être, c’est-à-dire non-conditionnée. Le coeur de la démarche est donc la connaissance de soi.

Ainsi, la liberté maçonnique n’a de sens qu’à travers un effort de libération de soi-même. Elle est synonyme de lucidité, de discernement, d’ouverture de la conscience. Elle consiste à se libérer de ses préjugés.

Paradoxalement, la liberté maçonnique commence par une prise de conscience que nous ne sommes pas libres. Elle consiste ensuite en un processus de transformation qui rappelle beaucoup les principes de l’alchimie spirituelle.

Liberté et transformation alchimique.

Le processus de libération maçonnique peut être mis en parallèle avec les différentes transmutations alchimiques :

  • l’œuvre au noir est l’étape de la séparation : il s’agit de libérer son âme de l’individualité figée, du corps, de l’ego. Cette étape rappelle la taille de la pierre brute, qui consiste à retirer le surplus de matière afin que la pierre puisse parfaitement s’insérer dans l’édifice,
  • l’œuvre au blanc est l’étape de la révélation de l’être purifié, non-conditionné : la pierre est devenue cubique, universelle,
  • l’œuvre au rouge : c’est l’étape de la réintégration de l’âme libérée à son corps. Un être complet renaît.

Au final, l’alchimie opère un recentrage au sein même de l’individu : l’être obscur et illusionné cède la place à l’être éveillé, pleinement conscient de ce qu’il est.

Conclusion sur la liberté maçonnique.

Au final, la liberté maçonnique pourrait être définie comme l’état de celui qui est devenu conscient de sa véritable nature. L’être éveillé connaît ses défauts, ses limites, ses imperfections. Il sait que ses raisonnements et ses jugements sont un tissu d’illusions. Il sait qu’il ne sait rien. Il sait qu’il n’est pas libre. Mais sachant cela, il accède à une certaine forme de clairvoyance et donc de liberté.

Humble et désillusionné, le franc-maçon peut désormais vivre en harmonie avec le cosmos. Dépouillé de ses certitudes, il se laisse traverser par toute chose. Sa pierre s’insère parfaitement et définitivement dans l’édifice universel.

On comprend alors que la liberté est synonyme de gnose au sens de “connaissance ultime et parfaite”.

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Modif. le 25 décembre 2020

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