La Connaissance repose à l’ombre de l’acacia : signification et interprétation. Voici une planche maçonnique au 3ème degré.
La formule « La Connaissance repose à l’ombre de l’acacia » apparaît alors que sept maîtres accompagnés par l’Expert et le Maître des Cérémonies sont envoyés par le Très Vénérable Maître à la recherche de la dépouille de Maître Hiram.
Ces derniers effectuent trois fois le tour de la Loge. L’Expert s’arrête au niveau de la branche d’acacia qui a été positionnée en tête du cercueil.
LE SECOND SURVEILLANT
Cet arbre funéraire ! Cet Acacia, m’annonce une sépulture ! Il n’y a pas longtemps qu’il est planté… Peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Maître Hiram ?
LE PREMIER SURVEILLANT
Oui ! Il est dit que la Connaissance repose à l’ombre de l’Acacia… Mais que vois-je ? Une Équerre et un Compas ne me laissent plus aucun doute.
Que trois Maîtres demeurent ici, tandis que nous allons rendre compte au Très Vénérable Maître de notre découverte.
(…)LE PREMIER SURVEILLANT, rendant compte au T.V.M. :
En voyageant vers l’Occident, nous avons aperçu, à la lueur du crépuscule, un Acacia qui ombrageait une tombe, dont la terre paraissait encore tout fraîchement remuée.
(…)LE PREMIER SURVEILLANT, accompagnant le T.V.M. sur les lieux :
Voilà le signe qui nous a alerté ! Voilà l’Acacia !
D’autre part, dans l’instruction du troisième degré, on peut lire :
D. – Etes-vous donc Maître Maçon ?
R. – L’Acacia m’est connu.
L’acacia est donc décrit comme l’arbre funéraire qui permet de retrouver la dépouille d’Hiram, laquelle symbolise la Connaissance à relever, à réactiver. Mais pourquoi l’acacia est-il le signe qui met les ouvriers sur la voie ? Et pourquoi dit-on que la connaissance repose à l’ombre de l’acacia ?
Tentons d’interpréter la phrase « La Connaissance repose à l’ombre de l’acacia » à travers cette planche maçonnique au 3ème degré.
Voir aussi cette liste de planches au 3ème degré
La Connaissance repose à l’ombre de l’acacia : interprétation
L’acacia, à ne pas confondre avec le faux-acacia ou « robinier », est un arbuste des pays chauds aux longues épines, au bois imputrescible et aux feuilles persistantes. Il donne des grappes de fleurs jaunes, sphériques, évoquant l’astre solaire. Nous retrouvons là le symbolisme de la vie, de la force, de la Lumière et de l’immortalité.
Incorruptible, l’acacia a servi à la construction de l’arche de Noé et de l’arche d’Alliance : deux arches sacrées représentant l’alliance entre Dieu et l’Homme, ainsi que le salut.
Au vu de ces éléments, le rituel aurait pu directement associer l’acacia à la Connaissance et à la vérité. Pourtant, il est dit que la Connaissance repose, non pas en l’acacia, mais à l’ombre de l’acacia…
Plusieurs autres éléments viennent renforcer l’idée qu’il faut chercher la Vérité ailleurs qu’en pleine Lumière :
- au début de la cérémonie d’élévation, le postulant fait son entrée à reculons, face à l’occident,
- les Maîtres qui partent à la recherche de la dépouille d’Hiram voyagent à la lueur du crépuscule,
- plus généralement, la première partie de la cérémonie d’élévation évoque une perte (perte d’Hiram, perte des secrets) et donc un effacement de la Lumière.
Tous ces éléments évoquent un recul ou une régression : l’échec et l’erreur dominent. Mais précisément, c’est en se confrontant à ce qu’il y a de plus sombre que le franc-maçon pourra briser ses dernières illusions.
Autrement dit, au troisième degré, la Connaissance n’est plus associée à la Lumière, mais aux ténèbres. Ce paradoxe s’explique aisément : en effet, c’est lorsqu’on croit être en présence de la vérité que l’illusion s’installe ; à l’inverse, c’est lorsqu’on décèle les monstres qui vivent au plus profond de nous que la véritable Lumière peut se manifester.
Ici, « connaître » ne consiste plus à marcher vers un idéal, mais à découvrir nos imperfections : voilà le meilleur moyen de lutter contre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition qui souvent, prospèrent à notre insu.
A l’ombre de l’acacia
Qu’y a-t-il à l’ombre de l’acacia ? Il y a la terre fraichement retournée, la sombre matière issue de l’être en décomposition. C’est donc clairement dans cet « humus » que repose la Connaissance.
L’acacia prend vie dans ce terreau fertile : il plonge ses racines dans l’illusion, le crime, les passions, la colère, l’envie, la convoitise, la mort. De là surgit la vie nouvelle, les valeurs nouvelles, au premier rang desquelles l’humilité, mot qui, rappelons-le, dérive du latin humus (« terre »).
Ainsi l’acacia constitue le symbole de cet individu nouveau qui grandit sur le terreau de l’erreur, fertilisé par les larmes des regrets. Assurément, l’être nouveau sera plus vigilant, plus prudent, plus persévérant. Il sera plus à l’écoute de lui-même, plus attentif aux autres. Il prendra plus de recul, plus de temps pour comprendre. Il se remettra plus souvent en cause.
A ce stade, nous savons mieux en quoi consiste la Connaissance. Le sage est celui qui sait qu’il n’atteindra jamais la vérité, et c’est précisément ce qui lui permet de l’approcher. Il sait qu’il ne sait rien : voilà la clé de la Connaissance. Il acquiert en se dépouillant, il avance en reculant, il s’élève en plongeant. Connaître n’est pas accumuler des savoirs, ou croire que l’on sait, c’est au contraire abandonner l’ambition de savoir : cela est connaître véritablement.
Voilà l’enseignement que nous avions oublié, et qui nous est brutalement rappelé à l’occasion de cette cérémonie d’élévation.
L’acacia : idéal ou réalité ?
L’acacia peut être vu comme un idéal de perfection : placé au centre du cercle, il est l’expression de l’ultime vérité. Tel l’axe du monde, il traduit la loi universelle.
Mais l’acacia peut aussi être l’image concrète et vivante du franc-maçon, cet être qui grandit, plongeant toujours plus profondément ses racines dans son ancien « moi », ce qui lui permet de s’épanouir en pleine Lumière.
Ainsi, l’acacia est à la fois un idéal et l’expression concrète de l’être en transformation permanente. Il est aussi un point de repère, un signe de reconnaissance pour les maîtres en quête de vérité : il réunit symboliquement ceux qui osent se confronter à eux-mêmes.
Conclusion
L’acacia est l’arbre de la vie véritable, l’arbre de la Connaissance véritable. Cette Connaissance s’appuie sur l’expérience de l’Homme au sein de la matière, et se fonde sur la reconnaissance de nos erreurs, de nos défauts, de nos limites.
L’acacia grandit dans la douleur de la perte, de la mort et des regrets. Sans erreur, pas de Vérité. Sans ignorance, pas de Connaissance. Sans ombre, pas de Lumière. Ainsi, la reconnaissance de nos limites nous mène vers l’absolu.
Le franc-maçon continue sa route en quête d’innocence. Il tente de racheter ses péchés et de devenir, comme l’acacia, incorruptible…

Ce livre numérique pdf (98 pages) comporte 26 planches essentielles pour approfondir les thèmes et symboles du troisième degré maçonnique.
Il offre des points d’appui pour qui souhaite pénétrer plus profondément l’esprit et le sens de ce degré.
Modif. le 3 janvier 2026






