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Ein Sof : définition (l’Essence cachée)

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Ein Sof : définition et signification. Qui est Dieu dans la Kabbale ? Qu’est-ce que la “réalité ultime” ?

Née dans l’Antiquité, la Kabbale est le courant mystique du judaïsme dont le but est de transmettre la Loi orale secrète donnée par Dieu parallèlement à la Loi écrite (la Torah).

Dans la Kabbale, Dieu est Ein Sof (ce qui signifie “sans limite”) : il est l’infini, l’inconnaissable, le caché. Nous parlons ici de Dieu avant toute manifestation.

En tant qu’Ein Sof, Dieu est donc l’Etre sans fin, ou l’Essence cachée. Il n’a pas d’attribut, de pensée ni d’intention, et personne ne peut véritablement savoir ou comprendre ce qu’il est. Il ne peut être approché, et on ne peut lui donner un nom ou une représentation : il est ineffable (inexprimable).

“Etre sans nom”, il est toutefois permis de désigner Dieu d’après sa première forme, qui correspond traditionnellement aux quatre lettres sacrées du tétragramme YHWH.

Ce tétragramme est imprononçable (il ne comporte aucune voyelle) conformément au troisième commandement divin :

Tu ne prendras point le nom de l’Eternel, ton Dieu, en vain ; car l’Eternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain.
Exode 20, 7

Entrons dans la définition d’Ein Sof.

Lire aussi notre article : Qui est Dieu ?

Ein Sof : définition et caractéristiques.

Définition : Présent avant de créer le monde, Ein Sof est l’Etre unique et sans fin, au-delà de toute compréhension raisonnable ou intuitive. Il est le Principe premier inconnu et inconnaissable, transcendant. Il est à la fois tout et rien.

Sur un autre plan, Ein Sof peut être vu comme la conscience supérieure présente dans toute chose, ou dont la trace perdure en toute chose.

On peut attribuer les qualificatifs suivants à Ein Sof :

  • impénétrable,
  • indéfinissable,
  • illimité,
  • infini,
  • absolu,
  • sans paramètre,
  • incomparable,
  • hors temps,
  • éternel (immortel),
  • ineffable,
  • parfait,
  • source de tout,
  • néant.

Enfin, on peut dire qu’Ein Sof est le seul à pouvoir “être” : il est l’Essence qui sous-tend le cosmos.

Ein Sof et ses émanations (l’arbre de vie kabbalistique).

Bien que caché et inconnaissable, Ein Sof se manifeste à travers une cascade d’émanations, symbolisées par l’arbre de vie kabbalistique. Cet arbre comporte dix émanations, ou dix stades de décomposition du flux divin : les Sephiroth.

Les Sephiroth sont représentées sur l’arbre de vie sous forme de sphères ; chacune d’entre elle correspond à un niveau de réalité, ou à une “qualité” de Dieu.

La première Sephiroth est Keter : c’est l’impulsion initiale, le départ de la Création, la naissance de ce qui est.

A noter que selon la Kabbale, c’est le retrait d’Ein Sof qui permet la création du monde. Ce retrait, appelé Tsimtsoum, permet à ce qui n’est pas Ein Sof d’exister.

Lire aussi nos articles :

Le chemin vers Ein Sof.

Nous l’avons dit, Ein Sof est inconnaissable, et pourtant la Kabbale parle d’un chemin spirituel qui permet de marcher vers Dieu. Un chemin qui passe, entre autres, par la compréhension des 10 Sephiroth.

Ein Sof étant inatteignable, seul le chemin compte. Ce chemin passe par la connaissance de soi aussi bien que par une ouverture vers l’extérieur, le but étant d’arriver à une parfaite superposition des deux mondes : le monde intérieur et le monde réel.

Nous avons là une réconciliation de la transcendance et de l’immanence.

Cette voie d’éveil nécessite d’abandonner tout ce que nous pensions savoir : nos idées, nos références, nos points de comparaison, nos certitudes. C’est donc un chemin de dépouillement, un chemin qui recule plutôt qu’il n’avance.

Au final, la compréhension d’Ein Sof ne peut être que personnelle. Ein Sof traduit notre niveau de conscience, tel un miroir qui reflète notre état. A nous d’oser affronter ce reflet.

Parallèle avec le Parabrahman (hindouisme).

Dans l’hindouisme, le Parabrahman (mot sanskrit composé de Para : “supérieur” et de Brahman : “puissance”) désigne la réalité ultime qui est une, non-duelle, inconditionnée, sans attribut ni qualité.

Les manifestations du Parabrahman ne peuvent relever que de l’illusion : comme pour Ein Sof, nous touchons à l’inconnaissable.

Le Parabrahman de l’hindouisme est de fait très proche d’Ein Sof.

Lire aussi notre article : Le Parabrahman : définition (la réalité ultime)

Modif. le 19 mars 2021

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