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Les archétypes en psychologie analytique : définition et exemples

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Les archétypes en psychologie analytique : définition. Comment les archétypes influent-ils sur notre psychisme ? Quelques exemples d’archétypes.

Dans la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, l’archétype (du grec arkhétupos : « modèle primitif ») est une représentation psychique structurante fondée sur un modèle universel. Les archétypes sont inscrits dans l’inconscient collectif.

Selon Jung, les archétypes sont hérités de l’évolution humaine. Ils façonnent nos pensées et nos comportements de manière inconsciente. Ils expriment une somme d’expériences accumulées et répétées au fil des générations.

Les archétypes forment donc la partie « collective » de notre inconscient, sachant que ce dernier comporte aussi une partie personnelle, faite de souvenirs refoulés, de pulsions inavouées, d’expériences non assimilées et de comportements appris.

En ce qu’ils ont tendance à organiser l’expérience humaine selon des modèles prédéfinis, les archétypes possèdent une dynamique en eux-mêmes. Jung les croyait dotés d’une énergie spécifique autonome. En effet, les archétypes peuvent s’opposer à nos intentions conscientes ou les modifier.

Voici une tentative de définition de l’archétype en psychologie analytique.

Définition : Un archétype est un modèle universel présent dans l’inconscient collectif, et qui a le pouvoir d’influencer notre vie psychique.

Contrairement à l’inconscient personnel qui relève de l’histoire intime, les archétypes sont partagés par toute l’humanité, transcendant les cultures et les époques. Ainsi, un même archétype pourra se retrouver à travers des variantes dans toutes les cultures humaines. Jung appelle ces variantes « motifs ».

Les archétypes nous accompagnent depuis toujours. D’une part nous les avons en nous depuis des générations ; d’autre part nous avons grandi avec eux. Ils font partie de notre héritage, de notre culture et de nos traditions, ils sont présents partout autour de nous. Parfaitement assimilés, ils nourrissent des schémas de pensée inconscients ; ils constituent des moules psychiques dans lesquels s’inscrivent nos perceptions et se modèlent nos représentations.

Les archétypes sont présents sous forme de récits, d’images ou de symboles dans les films, les romans, les contes, les mythes, les légendes, les sagas, les livres d’histoire, les jeux, les arts, les nombres, les prénoms, la publicité ou encore la politique.

Cependant, les archétypes ne peuvent être représentés en tant que tels : ils se manifestent à travers des « motifs » et des symboles, c’est-à-dire des objets sur lesquels sont projetées les images archétypales.

Voici quelques exemples d’archétypes, qui peuvent être déclinés de façon différente en fonction des cultures et des religions :

  • le Héros, mythe qui peut être décliné à l’infini, en lien avec le voyage, les épreuves et la quête,
  • le Sage,
  • le Père-protecteur,
  • le Bouc émissaire,
  • l’Innocent,
  • l’Homme originel, par exemple à travers le personnage d’Adam,
  • la Grande mère et ses variantes : Gaïa, la Pachamama, la Vierge,
  • la Source et ses variantes : le Soleil, la fontaine,
  • l’Union, par exemple à travers le mythe de l’androgyne,
  • la Totalité, par exemple à travers l’archétype du Soi et le symbole du Roi,
  • l’Inconscient, en lien avec le symbole de Mercure,
  • l’Esprit, en lien par exemple avec le symbole du feu,
  • la Dualité âme-esprit, en lien notamment avec les archétypes Animus et Anima (voir plus bas),
  • l’Ombre et la Lumière,
  • etc.

Selon Jung, chaque archétype contient une réalité double : une face positive et une face négative. Par exemple, le Héros présente toujours des failles, le Père ne peut aller sans la Mère, la Lumière ne peut exister sans Ombre, etc.

Notre Ombre (partie inconsciente de notre psychisme) est un réservoir d’archétypes : il s’agit en l’occurrence de modèles négatifs qui peuvent renvoyer à une partie de nous que nous rejetons, par exemple Satan, le diable, l’anti-héros, le méchant, les sorcières, Dark Vador, Mr Hyde, le Joker…

A noter que pour Jung, l’Ombre constitue un archétype en elle-même.

D’autre part, l’Animus et l’Anima sont aussi des réservoirs d’archétypes :

  • l’Animus rassemble les archétypes masculins présents inconsciemment chez les femmes,
  • l’Anima recouvre les archétypes féminins présents chez les hommes.

Même s’ils constituent la couche profonde de notre inconscient, les archétypes influencent directement notre personnalité, notre comportement et notre relation avec les autres. Ils constituent une énergie ou une force d’attraction (numen) qui peut influencer de manière durable le Moi.

Par exemple, la quête de l’homme idéal ou du « prince charmant », traduction de l’archétype du Héros, peut submerger la conscience et générer des émotions très fortes voire destructrices.

Les archétypes animent notre psychisme : ils sont au coeur de notre développement intime. Ils agissent tels des modèles innés qui nous aident à donner un sens aux expériences vécues.

Ainsi, les archétypes sont utiles en ce qu’ils constituent une énergie structurante qui permet notamment de dépasser certaines contradictions intérieures. Car, nous l’avons dit, un archétype (ou un symbole) véhicule toujours deux idées opposées qui ont vocation à se réconcilier en vue d’un équilibre.

Cependant, le sujet ne perçoit pas toujours cette double-nature de l’archétype, ce qui peut mener à des difficultés : les archétypes deviennent alors les catalyseurs des déséquilibres psychiques. Par exemple, un sujet qui s’indentifierait trop à un archétype (le « Héros », le « Sauveur »…) pourrait devenir prisonnier de ce rôle, ce qui peut mener à un comportement rigide ou extrême.

D’autre part, des archétypes non reconnus ou refoulés (par exemple contenus dans l’Ombre) peuvent donner lieu à des névroses ou à des comportements déviants.

En outre, la projection d’archétypes non intégrés sur autrui (par exemple, le fait de voir en quelqu’un un « Ennemi » ou un « Démon ») peut fausser les relations intrapersonnelles et créer des conflits, alimentant des dynamiques de domination ou de rejet.

Dans des cas extrêmes, la force des archétypes peut mener à des psychoses ou des hallucinations, lesquelles peuvent prendre une dimension collective. Jung a notamment expliqué les phénomènes de manipulation de masse à travers la force des archétypes ; on pense notamment à la propagande nazie fondée sur des archétypes puissants : le Sauveur, l’Homme pur, le Péril étranger, etc.

En reconnaissant et en intégrant consciemment ses archétypes, par exemple, en travaillant sur son Ombre, l’individu peut progresser vers sa totalité psychique (le Soi), ce qui peut l’aider à retrouver son équilibre. Il s’agit de faire en sorte que les archétypes ne nous « possèdent » plus. C’est notamment l’objet du processus d’individuation.

Il existe différents moyens de rencontrer et d’explorer les archétypes présents en nous :

  • l’analyse des rêves,
  • l’étude des symboles,
  • l’analyse des contes et des mythes,
  • l’étude des oeuvres d’art,
  • la pratique d’un art,
  • l’analyse de ses propres créations artistiques,
  • la thérapie analytique,
  • etc.

Les archétypes sont des forces cachées en nous, traduction de motivations humaines fondamentales. L’étude des archétypes est un formidable moyen d’explorer et de décoder la psyché : l’inconscient, l’Ombre mais aussi le Moi et la Persona.

Les archétypes nous rappellent que nous partageons tous les mêmes structures psychiques profondes. En les reconnaissant, nous progressons sur le chemin de la connaissance de soi et des autres.

Nous l’avons vu, les archétypes sont présents partout, dans l’art, la culture et dans tous les aspects de notre vie sociale, y compris dans les concepts, les mots et les expressions que nous utilisons. En réalité, on peut voir des archétypes partout, ce qui a tendance à affaiblir le concept lui-même.

De fait, il est difficile de mesurer la profondeur de la notion d’archétype. Présents dans notre univers mental et dans la culture humaine au sens large, on peut se demander s’ils ne sont pas aussi inscrits dans nos gènes, tant ils gouvernent nos instincts profonds.

Cependant, les archétypes ne sont pas figés : ils prennent une expression différente en fonction de notre chemin de vie propre. Autrement dit, leur sens varie d’un individu à l’autre.


Modif. le 19 janvier 2026

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