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INRI : signification chrétienne et ésotérique

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INRI : quelle est la signification de cet acronyme ? Que veut dire le INRI gravé sur le titulus crucis de la croix de Jésus ?

INRI est l’acronyme de l’inscription latine gravée sur le titulus crucis, autrement dit l’écriteau que les Romains avaient fait placer sur la croix de Jésus peu avant la crucifixion. L’usage de ce type de tablette était destiné à annoncer publiquement le motif de la condamnation.

Voyons la signification chrétienne de l’acronyme INRI, ainsi que ses différentes significations ésotériques.

INRI : signification chrétienne.

Pour les chrétiens, INRI signifie IESVS NAZARENVS REX IVDÆORVM : “Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs”.

Pourquoi cette phrase a-t-elle été gravée sur le titulus crucis ? Très certainement pour railler celui qui affirmait être le messie, de la même manière qu’il a été coiffé d’une couronne d’épines, vêtu d’un manteau écarlate et muni d’un roseau en guise de sceptre. Le motif de la condamnation était donc destiné à pointer du doigt celui qui se prenait pour le “Roi des Juifs”.

INRI : les versets concernés dans l’évangile selon Saint-Jean.

Dans Jean, 19, 19-22 :

19 / Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs.
20 / Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville : elle était en hébreu, en grec et en latin.
21 / Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate : N’écris pas : Roi des Juifs. Mais écris qu’il a dit : Je suis roi des Juifs.
22 / Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit.

Un motif de condamnation ambigu ?

Les religieux juifs (opposés à Jésus) n’étaient pas d’accord avec les Romains sur les termes à graver sur le titulus crucis. Les Romains ont finalement opté pour IESVS NAZARENVS REX IVDÆORVM (INRI), une phrase qui pouvait paradoxalement faire penser qu’ils reconnaissaient Jésus comme le véritable roi des Juifs.

Ponce Pilate, préfet de Judée, refusa de corriger cette ambiguïté : “Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit”, a-t-il dit, ce qui rendit les responsables religieux furieux.

Ainsi, le motif de la condamnation a un double-sens. 

Un écriteau en trois langues.

INRI est un acronyme latin. Mais le titulus crucis a en réalité été rédigé en trois langues : hébreu, grec et latin.

Comment le sait-on ? Parce que l’Évangile selon Saint-Jean en fait état. Et aussi parce qu’une partie de l’écriteau de la condamnation est parvenue jusqu’à nous.

En effet, en 326, l’impératrice Hélène (mère de l’empereur Constantin) semble avoir retrouvé la Croix du Christ lors d’un pèlerinage en Terre sainte. Elle a identifié la croix de Jésus précisément grâce à l’inscription du titulus crucis (voir notre article sur l’invention de la Vraie Croix).

Hélène a ramené le titulus crucis à Rome, ainsi qu’une grande quantité de terre sainte. A son retour, elle a fait transformer une pièce de sa résidence, le palais sessorien, en chapelle pour abriter la tablette.

Le palais sessorien est aujourd’hui devenu la basilique Santa Croce in Gerusalemme de Rome (Sainte-Croix de Jérusalem) : ce lieu abrite toujours une partie du titulus crucis.

Remarque : Le bâtiment a été modifié à plusieurs reprises au cours des siècles. Lors des travaux du XIIème siècle, le titulus crucis a été déposé dans un coffret de plomb puis oublié. Il a été retrouvé trois siècles plus tard, en 1492, muré dans l’abside. En 1997, un groupe d’experts internationaux en paléographie a étudié l’écriteau en détail, s’accordant sur une datation du Ier siècle. La tablette serait donc authentique, au moins sur le plan de la graphie, mais il reste la possibilité que ce soit une copie médiévale parfaitement exécutée.

Voici une photo du titulus crucis dans son reliquaire actuel :

titulus crucis INRI relique rome

Sur la photo ci-dessus, les lettres du motif de la condamnation sont quasiment illisibles.

Voici une reconstitution des termes du titulus crucis tels qu’ils apparaissaient probablement à l’origine :

inscription INRI titulus crucis

Dans l’image reconstituée ci-dessus, l’encadré au centre montre la partie parvenue jusqu’à nos jours, actuellement visible dans la basilique romaine. Cette “réduction” s’explique par le fait qu’une grande partie du bois est tombée en poussière au fil des siècles.

Ça n’est donc pas INRI qui était gravé sur le titulus crucis, mais bien le texte complet en trois langues.

Une écriture de droite à gauche.

Lorsqu’on regarde la reconstitution du titulus crucis, le plus frappant est le sens de l’écriture. S’il est normal que l’hébreu soit écrit de droite à gauche, cela est plus étonnant pour les versions grecques et latines.

L’explication proviendrait du fait que les Romains voulaient simplement imiter le sens de l’écriture hébraïque. Sur un plan plus symbolique, cette écriture inversée rappelle l’ambiguïté du motif de la condamnation (voir plus haut). Ainsi l’écriteau a un double double-sens : un double-sens d’écriture, et aussi une double-interprétation possible.

A noter que l’acronyme INRI est parfois écrit avec le N inversé (tombes, peintures, œuvres d’art…), sans doute pour rappeler le sens d’écriture originel. Ce N inversé a par ailleurs nourri nombre d’énigmes, notamment celle relative au mystère de l’abbé Saunière et de Rennes-le-Château.

INRI : signification ésotérique.

Sur le plan ésotérique, l’acronyme INRI est très significatif. Il reste intimement lié au mystère de la mort et de la résurrection du Christ.

Voici les différentes significations possibles :

  • INRI peut évoquer le nom imprononçable de Dieu : YHWH (parfois dit “Jéhovah”). En effet, la version hébraïque du titulus crucis pourrait donner en phonétique Yeshou’ah Hanaziyr Wou mélek Hayehoudiym. Ainsi Ponce Pilate aurait fait graver malgré lui le “nom ineffable” sur l’écriteau.
  • Transposé en hébreu, INRI peut se rapporter aux quatre éléments alchimiques :
    • מי pour Iam (Eau),
    • רונ pour Nour (Feu),
    • חור pour Rouach (Air),
    • et השבי pour Iabéshah (Terre).
  • En hébreu encore, INRI peut se reporter à 4 lettres de l’alphabet hébraïque, et à leur interprétation kabbalistique :
    • Iod : principe créateur qui anime la matière,
    • Noun : rencontre avec la substance passive ou opposée,
    • Reish : l’union des oppositions par l’intelligence du coeur et l’Amour,
    • Iod : le retour au principe créateur.
  • Pour les franc-maçons du Rite écossais ancien et accepté (REAA) au grade de Rose-Croix (R+C), INRI renvoie à l’expression latine Igne Natura Renovatur Integra, soit “La Nature est renouvelée intégralement par le feu”. Il s’agit d’une formule alchimique invitant à une élévation spirituelle. Le feu, agent de révélation et de transformation, est ce qui doit être traversé pour accéder à une nature plus noble. Cette sorte de “transmutation” évoque le phénix qui renaît de ses cendres, ou encore la résurrection du Christ. Pour les franc-maçons, INRI est aussi la “parole retrouvée” : c’est l’incarnation du verbe créateur à travers Jésus lui-même.
  • Autre signification possible : INRI pour Inefflabile Nomen Rerum Initium (Le Nom ineffable est le commencement des choses),
  • Et une dernière hypothèse : INRI pour Intra Nobis Regnum Jehovah (au-dedans de nous est le règne de Jéhovah).

Voir aussi notre article sur le symbolisme de la Croix.

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