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Le symbolisme de la montagne sacrée

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Le symbolisme de la montagne sacrée : quelle signification ? Comment l’interpréter ? Quelques exemples de montagnes sacrées.

La montagne, par son aspect massif et vertical, sa puissance immobile qui engendre l’Eau et le Feu (la foudre), sa proximité de la voûte céleste, comporte un caractère sacré.

Vue d’en-bas, elle appartient à cette dimension supra-humaine où gravitent les astres. Le « haut » reste une dimension difficilement accessible à l’homme…

Son éloignement des hommes, son isolement en fait un lieu propice à l’introspection. La transcendance divine peut se révéler et s’exprimer dans l’inaccessibilité, l’infinité et la force créatrice du Ciel associée à l’orage.

Par sa présence, la montagne permet cette rencontre du Ciel et de la Terre, comme une voie de passage (telle l’échelle de Jacob) semée d’embûches, gardée par des entités redoutables qui empêchent d’y accéder et de bénéficier de ce que l’on peut espérer y trouver, en particulier l’immortalité.

Au temps de l’âge d’or, la terre était sacrée parce qu’elle était gouvernée par l’Esprit et la perfection du Principe. Les montagnes étaient autant de réceptacles de cet Esprit, exerçant sur l’Homme une puissance impressionnante.

Le symbolisme de la montagne était alors celui d’un point de convergence entre forces cosmiques et telluriques, expression des plus grands Mystères…

Remarque : le symbolisme de la montagne évoque aussi celui du triangle.

Entrons dans le symbolisme de la montagne sacrée.

A l’origine, disent les hymnes védiques du Rig Veda, il n’y avait ni jour ni nuit, ni Ciel ni Terre, ni temps ni être. Seules existaient les Eaux, d’où remonta un petit morceau de terre qui grandit et devint montagne ; celle-ci continua de croître pour constituer la Terre.

Elle en devint l’axe primordial. Ce Mont Cosmique éleva le Ciel, dissociant ainsi le Ciel de la Terre.

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Dans l’imaginaire d’autres peuples, la rotation de la voûte céleste prend appui sur une montagne centrale, tel un axe, qui prend dans les mythes l’aspect d’une colonne de fer et d’or ou d’un arbre. Chez les Germains, c’est l’Irminsul représenté par un arbre qui parfois prend la forme d’un totem sculpté. Dans la mythologie scandinave c’est l’Yggdrasil, arbre cosmique, arbre de vie, arbre-monde.

Dans d’autres cultures, on considère la Montagne Sacrée dans une dimension évoquant le centre du monde à l’origine de toute chose.

Parfois, la notion de message divin est évoquée, comme sur le mont Garizim, cité dans la Bible :

Le roi Jotham alla se placer sur le sommet de la montagne de Garizim, et voici ce qu’il leur cria à haute voix : Écoutez-moi, habitants de Sichem, et que Dieu vous écoute !
Juges 9, 7

Ailleurs, on peut noter une évidence étymologique avec le mont Thabor, qui se traduit en hébreu par « nombril », mont dont l’existence est mentionnée dans les trois grandes traditions monothéistes, en particulier pour la tradition chrétienne comme le lieu de la Transfiguration du Christ, qui est la révélation de sa dimension divine.

Le symbolisme de la montagne semble être celui d’un centre près duquel l’homme en quête de sacré est à même de recevoir un message qui le transforme.

Sur le mont Sinaï, Dieu a scellé l’alliance avec Moïse et son peuple à travers son message, paroles éternelles car gravées dans la pierre issue de la montagne. Dieu a appelé Moïse d’en haut et lui a annoncé qu’il descendrait le troisième jour. Moïse montant à la rencontre du Créateur rendait possible la conjonction du Ciel et de la Terre.

Parfois, cette relation ne peut aboutir. Ainsi le mont tibétain Kailash (image en tête de cet article), masse imposante et verticale, sommet magnifique et isolé, reste vierge de toute présence humaine.

Cette montagne est sacrée pour quatre grandes religions asiatiques :

  • dans l’hindouisme, c’est le lieu de résidence de la déesse Shiva,
  • les bouddhistes tibétains considèrent que c’est là que demeure le bouddha de la compassion Chenrezig, dont le Dalaï-lama est le successeur,
  • les adeptes du jaïnisme disent quant à eux que c’est à son sommet que leur premier maître, Rishabhanatha a reçu l’illumination,
  • c’était aussi une montagne sacrée aussi pour la religion Bön, préexistante au bouddhisme.

Ce mont correspondrait au mythique mont Meru, considéré comme l’axe du monde dans les mythologies attachées à ces religions.

La circumambulation rituélique autour du mont Kailash, appelée kora, reste l’un des pèlerinages les plus importants d’Asie. Le pèlerin doit prosterner son corps tous les trois pas, comme salutation respectueuse au divin.

Au point culminant de la kora, les pèlerins sont censés subir une mort symbolique avant d’atteindre le col où ils passent le seuil d’une nouvelle vie…

Cette circumambulation, rituel présent dans de nombreuses religions, exécutée autour d’un pôle central qui représente l’axis mundi, reproduit la course du Soleil et des sphères célestes ; elle exprime la stabilité et l’immutabilité de la « maison des divinités ».

La montagne est bien cet espace naturel qui prend ses racines de la Terre et tutoie le Ciel, ce qui en fait le lieu privilégié de vénération des divinités, et parfois un outil de communication suffisamment proche de la voûte céleste pour y graver des inscriptions destinées à rendre les divinités invoquées propices.

On pense aux pétroglyphes inscrits sur les roches du mont Bego dans les Alpes, au centre de la Vallée des Merveilles, vestiges écrits parmi les plus anciens de l’Histoire européenne.

Nous l’avons vu, le symbolisme de la montagne sacrée est très répandu à travers le monde. C’est le lieu privilégié où se manifestent les divinités, l’axis mundi, le lien entre Terre et Ciel, entre le paradis et l’Enfer, la voie de tous les mystères et de toutes les promesses.

Théâtre de toutes les cosmogonies et de tous les mythes, résidence de Shiva au mont Kailash, résidence des dieux et des déesses sur l’Olympe, sanctuaire des pharaons, porte du monde infernal en Mésopotamie, demeure de la divinité au Japon sur les volcans, lieu du séjour des immortels (mont Kunlun, Chine), la montagne sacrée est toujours un point d’ancrage et un chemin vers le Ciel.

En Chine, les sommets des montagnes sacrées recueillent et distribuent les bénédictions du Ciel à travers l’eau des fleuves qui fécondent les champs. Souvent, les forces invisibles et vitales que la montagne recèle sont susceptibles d’influer favorablement la vie des hommes.

On retrouve ces vertus dans les montagnes sacrées andines, les Apus (Ausangate, Veronica, Salkantay), dont on dit qu’elles président au destin des hommes.

Au sommet des montagnes les plus abruptes, l’Homme a édifié des sanctuaires afin de se rapprocher le plus possible des dieux.

Mais l’Homme a parfois créé ses propres montagnes, ses propres monuments. En Mésopotamie, il a reproduit le symbolisme de la montagne à travers les ziggurats, édifices à étages érigés dans le but de permettre à la divinité de descendre sur Terre.

En Egypte, les pyramides sont en quelque sorte des montagnes sacrées construites par les hommes : tombe du pharaon, la pyramide permet au défunt de s’élever vers le domaine céleste. L’obélisque véhicule le même symbolisme.

Dans nos cultures, la représentation de la montagne sacrée s’est opérée par la fondation de temples orientés, ouverts sur le haut comme en témoignent les coupoles des églises avec leur oculus ou encore la voûte étoilée des temples maçonniques.

Ainsi, les montagnes sacrées comme les temples humains offrent une ouverture sur l’éternité, sur l’absolu, à l’écoute du chant ordonné du cosmos, au-delà des bruits oppressants du chaos apparent.

La Montagne Sacrée avait fini de me raconter une infime partie de son histoire, le songe s’effaçait avec la montée des brumes de la vallée des hommes, masquant pour un temps le domaine des dieux qui me restait encore inaccessible.

Pendant qu’une boule de lumière rouge orangée, dont l’éclat diminuait, descendait ostensiblement, les ténèbres se reconstituaient remontant d’en bas. La Montagne, dans sa dimension Sacrée, n’avait besoin ni de Lumière ni des ténèbres, car elle était le Tout. Elle me disait : tu n’es pas prêt, il est temps pour toi de rejoindre la rassurante fraternité des hommes.

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Dernière modification le 13 mai 2026. Adrien Choeur

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