Qui était Oscar Wilde ? Quel franc-maçon était-il ? Quelles étaient ses valeurs, comment vivait-il son engagement maçonnique ?
Ecrivain, intellectuel accompli, franc-maçon, Oscar Wilde est considéré comme l’un des auteurs les plus emblématiques de l’Angleterre victorienne. Sa personnalité hors du commun, son esprit mordant et son talent pour la conversation ont ouvert les portes des cercles aristocratiques et de la bonne société à cet Irlandais issu de la bourgeoisie.
Son entrée en franc-maçonnerie s’inscrit dans cette logique. Elle sera une source d’inspiration dans son œuvre, dans sa manière de concevoir son art, mais également dans sa façon d’aborder la vie…
Voyons quel franc-maçon était Oscar Wilde.
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Oscar Wilde : l’homme et le franc-maçon
Oscar Wilde est né en Irlande, à Dublin le 16 octobre 1854, dans une famille aisée. Sa mère, une poétesse très engagée dans la cause nationaliste, a très probablement influencé le parcours littéraire de son fils.
L’élève Oscar Wilde est très précoce et brille par son intelligence et sa culture au Trinity College de Dublin. En 1874, il quitte le pays natal pour rejoindre l’Université d’Oxford où il se fait rapidement remarquer. Ses allures de dandy et son goût pour l’esthétisme influencé par les préraphaélites, une confrérie à l’origine d’un mouvement artistique, le classent comme une personnalité hors norme.
Une œuvre en cohérence avec la pensée maçonnique
Soucieux de se fondre dans l’aristocratie étudiante d’Oxford, Oscar Wilde entre en franc-maçonnerie dans la loge Apollo University No.357, où il est initié le 23 février 1875. Il passe au grade de Maître le 25 mai de la même année.
En novembre 1875, il rejoint la Churchill Lodge où il occupe les charges de Inner Guard (garde intérieur) en 1876, puis de Junior Deacon (diacre) en 1877. Également membre de l’Oxford University Chapter No.40 pratiquant le Rite Écossais, il atteindra le grade de Rose-Croix.
Même si la fréquentation des loges anglaises ennuie Oscar Wilde lorsqu’il rejoint Londres où il fait ses débuts de journaliste, celui-ci est néanmoins très sensible aux rituels maçonniques et aux symboles de sa confrérie.
Parallèlement, la carrière littéraire de ce surdoué ne tarde pas à exploser, notamment lorsqu’il publie en 1881 ses premiers poèmes, ce qui le conduira à animer une série de conférences aux États-Unis.
Même s’il s’éloigne de la vie des loges, Oscar Wilde garde un attachement très fort à la franc-maçonnerie, attachement qui transparaît dans de nombreux ouvrages tel le premier acte de sa pièce de théâtre Vera dans laquelle il glisse quelques phrases inspirées des rituels maçonniques.
Son roman phare est une allégorie maçonnique
Si Oscar Wilde explore tous les champs littéraires, son roman le plus célèbre, Le Portrait de Dorian Gray, publié en 1891, est une véritable allégorie maçonnique. Ce livre fantastique mais aussi philosophique reprend la symbolique du miroir et la maxime de Delphes : Connais-toi toi-même.
Citons quelques passages de ce roman resté particulièrement célèbre :
Se faire le spectateur de sa propre vie c’est échapper à toutes les souffrances de la vie.
Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray
Ce sont les passions dont nous méconnaissons l’origine qui nous tyrannisent le plus.
Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray
Nous ne sommes si enclins à bien juger autrui que parce que nous tremblons pour nous-mêmes.
Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray
D’autre part, Oscar Wilde est resté célèbre pour ses aphorismes sous la forme de paradoxes non dénués d’humour ; en mariant les termes contraires, il bouscule la morale et approche certaines vérités :
En art, une vérité est celle dont le contraire est également vrai.
La vérité pure est rarement pure et jamais simple.
Le seul moyen de se débarrasser de la tentation, c’est d’y céder.
Le chemin des paradoxes est le chemin du vrai. Pour éprouver la réalité, il faut la voir sur la corde raide.
(voir aussi ces citations d’Oscar Wilde)
Enfin, lors de sa « parenthèse parisienne » de quelques mois en 1883, Oscar Wilde fréquente les loges parisiennes, qu’il citera souvent en exemple.
Scandale et emprisonnement
Le chef de fil de l’esthétisme suscite de nombreuses critiques et attaques. En 1895, le scandale Queensberry éclate et dénonce ouvertement les mœurs libres de l’écrivain. Oscar Wilde se lance dans une bataille judiciaire qui le ruine et le jette dans les geôles de la prison de Reading après une condamnation pour « grave immoralité », autrement dit pour homosexualité. Il connaît alors des humiliations et des sévices permanents qui l’épuisent.
C’est à cette époque, qu’il rédige le texte De profondis justifiant sa vie et son œuvre à travers le prisme maçonnique : « L’Art est symbole, parce que l’Homme est symbole ».
Oscar Wilde connaîtra, au sein de la prison de Reading, un épisode éprouvant lorsqu’il rencontrera un détenu franc-maçon qui se manifestera à lui par les signes de reconnaissance rituels. Sévèrement puni à la suite de ce dialogue silencieux, Oscar Wilde décide de se tenir définitivement à l’écart de ses frères d’infortune.
Il racontera d’ailleurs cette anecdote dans une lettre à son ami Robert Ross, en 1897 :
C’était terrible. Un jour, alors que je marchais dans la cour, je remarquai que l’un des détenus me faisait des signes maçonniques. Je n’y prêtai aucune attention jusqu’au moment où il me fit le signe des Enfants de la veuve, qu’aucun maçon ne peut ignorer. Il réussit à me faire parvenir un mot. J’appris qu’il était incarcéré pour une affaire d’escroquerie et qu’il voulait que j’incite mes amis à signer une pétition pour sa libération. Il était complètement fou, le pauvre vieux. Comme il s’obstinait à me faire des signes et que je craignais que les gardiens ne s’en aperçoivent, je persuadai le Major Nelson de me laisser porter des lunettes noires jusqu’à ce que cet homme soit condamné et envoyé à Portland.
À sa sortie de prison en mai 1897, Oscar Wilde quitte la Grande-Bretagne pour rejoindre la France et Paris qu’il aime tant. Il y meurt dans le dénuement à l’âge de quarante-six ans, le 30 novembre 1900.
Oscar Wilde est enterré au cimetière du Père Lachaise.

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Dernière modification le 6 septembre 2026. Adrien Choeur








