JePense.org

Les 7 vertus théologales et cardinales

vertus théologales et vertus cardinales

Quelles sont les 7 vertus théologales et cardinales ? Quelle différence entre vertus théologales et cardinales dans le christianisme ? Définition et explication.

La vertu est une disposition par laquelle l’individu s’oblige à agir en suivant une règle morale qui le porte vers le bien. La vertu est sous-tendue par une force (Dieu, ou la volonté personnelle) qui lui permet d’accomplir son devoir en dépit des obstacles, conformément à l’idéal poursuivi.

On distingue dans la morale chrétienne deux types de vertus : les vertus théologales et les vertus cardinales.

Les vertus théologales sont données par Dieu : elles sont d’ordre divin, surnaturel.

A l’inverse, les vertus cardinales sont d’ordre humain, l’individu devant trouver en lui-même la force d’accomplir son devoir.

En tête de cet article : la fresque Vertus Cardinales et Théologales de Raphaël (1511, palais du Vatican). Les vertus cardinales sont représentées par trois femmes et les vertus théologales par trois anges. La Prudence au double-visage trône au milieu. La Force porte un casque et est accompagnée de l’ange de la Charité. L’ange de l’Espérance porte une torche. A droite, la Tempérance tient une bride, signe de maîtrise des passions mauvaises. L’ange de la Foi est représenté à l’extrême droite. La Justice n’est pas représentée car présente sur une autre partie du bâtiment.

Voyons quelles sont les 7 vertus théologales et cardinales et comment les interpréter.

Lire aussi notre article sur les 7 péchés capitaux.

Les 3 vertus théologales : Foi, Espérance et Charité.

Les 3 vertus théologales trouvent leur source dans la Première épître aux Corinthiens (13, 13) du Nouveau Testament (lettre envoyée par l’apôtre Paul à l’Église de Corinthe) :
Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

Les 3 vertus théologales sont donc la Foi, l’Espérance et la Charité :

Lire aussi nos articles sur la loi d’Amour et sur l’altruisme.

Symboles et allégories associées aux 3 vertus théologales.

Dans l’art chrétien, les vertus théologales sont souvent représentées par des personnages féminins ou des anges accompagnés d’animaux ou d’objets symboliques :

Les 4 vertus cardinales : Prudence, Tempérance, Force et Justice.

Les vertus cardinales sont issues de l’Antiquité grecque. Platon distinguait déjà quatre vertus principales (la prudence, le courage, la tempérance et la justice), aussi adoptées par Aristote et les stoïciens.

Les 4 vertus cardinales sont aussi citées dans le Livre de la Sagesse (ou Sagesse de Salomon), qui est un Livre tardif de l’Ancien Testament (sans doute rédigé au Ier siècle après J-C) :

Veut-on devenir juste ? Les labeurs de la Sagesse produisent les vertus : elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force d’âme, et rien n’est plus utile aux hommes dans l’existence. Livre de la Sagesse, 8, 7

Ces vertus ont été reprises par les Pères de l’Église, ainsi que par Saint-Ambroise et Saint-Augustin pour devenir les vertus cardinales chrétiennes.

Les 4 vertus cardinales sont donc la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice :

Les symboles associés aux 4 vertus cardinales.

Les vertus cardinales sont souvent représentées par des personnages féminins :

Analyse des vertus.

On pourrait donner l’analyse suivante des vertus théologales et cardinales :

La Charité est donc la vertu première, celle dont les autres découlent. La Charité permet en particulier l’Espérance, cette confiance qui rend possible la maîtrise de soi.

Une interprétation ésotérique des vertus théologales et cardinales.

Les vertus et le symbolisme des chiffres.

Site ouvert et humaniste, JePense.org vit grâce à vos dons.
Cliquez ici si vous souhaitez faire un don sécurisé :

Ainsi l’union du 3 et du 4 est celle du Ciel et de la Terre, donnant le chiffre 7, symbole de perfection absolue. C’est la fusion de la matière et de l’esprit, ou encore l’Alliance entre Dieu et l’Homme.

Par ailleurs, en franc-maçonnerie, le 3 évoque le compas et la transcendance, alors que le 4 évoque l’équerre et l’immanence. L’union du compas et de l’équerre évoque un point de rencontre décisif,  l’aboutissement du chemin.

Les vertus dans les autres traditions spirituelles.

Dans le taoïsme.

Dans le taoïsme, les vertus telles que la charité ou la justice ne doivent pas être recherchées, car susceptibles de déranger l’insouciance et la béatitude dont doit faire preuve le sage. En effet, la charité et la justice, si elles sont poursuivies, ne sont plus authentiques : le risque est de se perdre dans des jugements en bien et en mal, en vrai et en faux, autant de concepts qui n’ont pas d’existence réelle dans le tao.

La pratique immodérée de la charité et de la justice n’a rien de sain ni de normal.
Tchouang Tseu

Le taoïsme refuse toute loi morale pour s’ouvrir à l’Amour véritable :

Le Tao ne prend pas parti ;
il donne naissance au mal comme au bien.
Le Maître ne prend pas parti ;
il accueille les pêcheurs comme les saints.
Tao Te King, 5

Laisse tomber la moralité et la justice,
et les gens feront ce qui est juste.
Tao Te King, 19

A l’inverse, la tempérance et la force d’âme sont plus conformes à la vision taoïste, qui se rapproche en ce sens du stoïcisme.

Les vertus maçonniques.

Les vertus maçonniques s’inspirent en partie des vertus chrétiennes. Tout franc-maçon a pour devoir de fuir le vice et de pratiquer la vertu. Pour cela, il doit préférer à toute chose la Justice et la Vérité.

Lire notre article sur les vertus maçonniques.

Quitter la version mobile