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La matière : définition philosophique

la matière définition philosophique

La matière : définition philosophique. Qu’est-ce que la matière ? Quel rapport avec l’esprit ? La matière est-elle ordre ou chaos ? Quel sens spirituel ?

S’interroger sur la matière, c’est se placer entre physique (étude des propriétés de la matière) et métaphysique (étude de ce qui se situe au-delà de la matière).

En tant que matière animée par le mystérieux phénomène de la vie, l’être humain est à la fois matière et esprit, corps et conscience. On peut donc le voir comme la matière qui s’interroge sur elle-même : c’est ainsi que la matière devient concept, ce qui semble paradoxal.

Au-delà de ces considérations, la matière est cette chose qui rappelle l’homme à la réalité, à l’objectivité. A ce titre, la matière est peut-être l’expression de l’ultime vérité ; elle porte en elle la perfection de la Création ; elle est la raison, le plan, l’ordre transcendantal, la Loi cosmique.

Ceci tend à assimiler la matière à l’Esprit, défini en tant qu’intention divine ou raison universelle. Ainsi, connaître la matière reviendrait à connaître sa Source (Dieu).

La vie humaine peut être vue comme un chemin au sein de la matière, laquelle est intimement liée au temps et à l’espace. A travers son expérience corporelle et terrestre, l’Homme a la chance de pouvoir s’interroger sur le sens de l’univers ; encore faudra-t-il qu’il fasse l’effort de connaître sa propre matière : lui-même.

Nous parlons donc d’un chemin de conscience qui tend à réconcilier l’abstrait et le concret.

Tentons une définition philosophique de la matière.

Lire aussi notre article : L’esprit et la matière : explication de cette dualité métaphysique.

La matière : définition philosophique.

En physique, la matière se définit par une étendue, une masse, un ordre et une énergie. Les sciences ont pour objectif de comprendre sa nature et son fonctionnement, car ceux-ci ne sont pas immédiatement perceptibles par les sens.

Sur le plan philosophique, la matière peut désigner un substrat, c’est-à-dire une chose à laquelle on n’attribue pas de qualité particulière. C’est la substance (“matière première” ou materia prima) avant qu’elle soit pensée ou définie : c’est la réalité profonde des choses, vierge d’interprétation.

De fait, la matière est une réalité à laquelle on ne peut accéder. En effet, nos perceptions sont une déformation permanente de la réalité : notre mental ne produit que des représentations du réel.

Le dualisme de la matière : définition philosophique.

Pour Descartes, il existe deux types de substance, à savoir la substance mentale et la substance matérielle :

Voilà donc le “dualisme de substance” de Descartes, autrement dit le constat de l’existence de deux mondes quasi irréconciliables.

Pourtant, le chemin de la vérité et de la sagesse conduit le philosophe à tenter de réunifier ces deux réalités.

Quel rapport à la matière pour le philosophe ?

La sagesse consiste sans doute à se placer très exactement entre matière et esprit, sans nier l’un ou l’autre, sans considérer que l’un soit soumis à l’autre.

Il s’agit ici de dépasser le dualisme cartésien pour marcher vers une dualité qui a vocation à s’exprimer dans l’unité. C’est l’idée qu’il existe une relation voire une correspondance entre les états mentaux et les états physiques. Précisément le philosophe se fixe pour ambition de trouver ce point de correspondance.

Pour cela, il devra sans cesse affiner sa pensée, l’épurer pour toucher la vérité de la matière. Il devra se méfier des apparences, de lui-même, de ses certitudes et de ses préjugés. Il devra renoncer à tout ce qu’il croyait savoir. Il devra progresser avec prudence et humilité, en fuyant sa tendance à tout interpréter.

Le philosophe est celui qui choisit le chemin de la raison. Mais le discours raisonnable lui-même ne doit-il pas être dépassé ? Plutôt que de construire des raisonnements qui pourraient bien renforcer le dualisme matière-esprit, le philosophe ne devrait-il pas tenter d’épouser le silence de la matière ?

La matière et sa définition : approche spirituelle.

Sur le plan spirituel, la matière peut être abordée de deux manières différentes :

Il s’en suit un double mouvement, vers le bas et vers le haut :

Nous avons là la rencontre de la transcendance et de l’immanence.

La matière dans les traditions ésotériques.

Sur le plan symbolique, la matière peut être représentée par le cube, forme géométrique qui représente l’ordre et la perfection du monde manifesté.

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Surtout, le cube évoque un point de correspondance entre l’âme humaine, la matière et le Principe supérieur. Car voir la perfection du cube, c’est ouvrir en soi un espace sacré où se rencontrent la pensée et le réel, le Ciel et la Terre, le dedans et le dehors, etc.

En alchimie.

Dans la Table d’Emeraude, célèbre texte fondateur de l’alchimie spirituelle, il est dit que “ce qui est en bas est comme ce qui est en haut”. Ceci évoque une correspondance secrète entre matière et Esprit.

Ainsi, visiter la matière serait un moyen de connaître les mystères d’En-Haut. Une idée que l’on retrouve dans la formule alchimique latine VITRIOL qui signifie en français : “Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée”. Cette pierre cachée, géométrique, traduit la découverte de la perfection matérielle en nous-mêmes comme en toute chose.

L’alchimie spirituelle propose un chemin de transformation intime en trois étapes majeures (l’Oeuvre au noir, au blanc et au rouge), qui consistent pour l’individu à s’extraire de la matière pour au final la réintégrer, dans une logique de libération de ses attachements tout autant que de réconciliation avec soi-même et avec le monde.

Au final, l’alchimie vise la production de la Pierre philosophale, symbole de l’être éveillé qui a réussi à spiritualiser la matière (notamment son propre corps) tout autant qu’à matérialiser son esprit.

La matière en franc-maçonnerie.

En franc-maçonnerie, la matière est représentée par le symbole de la pierre que le compagnon s’emploie à tailler :

Au final, notre rapport à la matière traduit notre avancée philosophique et spirituelle. La matière peut être perçue comme chaotique ou ordonnée, des qualités qui décrivent en réalité l’état de notre propre psychisme.

L’Homme éveillé est sans doute celui qui sait réconcilier physique et métaphysique : il est lui-même, comme il est au monde.

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