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La haine : définition philosophique

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Qu’est-ce que la haine ? Définition philosophique. Quelle est l’origine de la haine ? Quelles sont ses causes et ses conséquences ? Comment lutter contre l’aversion ?

La haine est souvent considérée comme le mal absolu.

Nourrie par l’instinct, l’incompréhension et l’ignorance, imperméable au doute, hostile à la “lumière”, la haine s’auto-cultive. Elle semble envelopper celui qui l’éprouve d’une carapace impossible à fissurer.

La haine cause le malheur, le conflit, la colère et la souffrance, aussi bien sur le plan individuel que collectif.

La haine alimente la haine. Mais ce mécanisme qui finit toujours par s’effondrer sur lui-même.

Les antonymes de la haine sont la sympathie (rencontre de l’autre), l’empathie (compréhension de l’autre), la compassion (partage de la souffrance de l’autre) et l’amour.

Tentons de donner une définition philosophique de la haine.

La haine : définition philosophique.

Définition : La haine est un sentiment particulièrement fort qui consiste à souhaiter durablement la soumission, la disparition ou l’anéantissement d’un être ou d’une chose. Les objets ou les sujets de la haine sont considérés comme étant dénués de toute valeur.

La haine est donc le fait d’éprouver de l’hostilité envers :

A noter qu’on peut aussi se haïr soi-même, haïr l’existence ou le monde en général.

Au final, la haine est une intention de détruire quelqu’un ou quelque chose auquel on nie le droit d’exister.

Les causes de la haine.

De quoi vient la haine ? Quel est l’origine de la haine ?

Tout d’abord, il semble y avoir :

On peut voir deux grandes causes à la haine :

1) L’instinct.

C’est le “ça” de Freud, sorte de puissant réservoir d’énergie spontanée et difficilement maîtrisable. Notre héritage génétique nous donne en effet des réflexes de survie, de conservation, de reproduction, de domination voire de destruction. Le désir de puissance peut alimenter la haine. Le fait d’avoir été menacé ou attaqué peut aussi causer la haine ou l’envie de vengeance.

Chez certains individus, l’agressivité peut être plus développée que la normale, ou moins maîtrisée, donnant naissance à une véritable haine. Le surmoi, instance psychique qui joue le rôle de “gendarme intérieur” rappelant la loi sociale, peut se trouver trop faible, ou contourné par un mécanisme de type “pervers”. Dans ce cas la haine serait donc une perversité.

A titre d’exemple, la perversion narcissique est un type de mécanisme psychique qui consiste à nourrir l’ego par la négation et la manipulation de l’autre. Elle repose souvent sur une faille personnelle ou un manque de confiance en soi.

Sur un autre registre, la paranoïa est une maladie mentale qui se traduit par un sentiment de persécution aboutissant à des idées noires ou haineuses.

2) L’ignorance.

L’ignorance, autre grande cause de la haine, peut être :

Notons qu’il est possible de faire reculer l’ignorance qui nourrit la haine.

La nature profonde de la haine.

La haine est un sentiment qui enferme : l’individu semble tourner en rond dans le mécanisme de son aversion.

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La haine est un repli, un enfermement dans des schémas et des certitudes : elle empêche de réfléchir et de saisir la vérité. La haine est un bloc quasiment impossible à fissurer : il n’y a pas de place pour le doute.

Il s’agit donc d’une véritable prison, d’une “négation de l’âme”, cette dernière se trouvant comme gelée, pétrifiée, bornée. Cette maladie de l’âme prend la forme d’un mensonge à soi-même, comme l’oubli de la partie généreuse et ouverte qui existe en nous.

On sent bien que la haine est d’abord une haine vis-à-vis de soi-même : c’est une énergie destructrice qui va à l’encontre de la vie même.

Haine et égoïsme.

Nous l’avons vu, la haine vient d’un rapport faussé à soi-même et aux autres : c’est une forme d’égoïsme.

En effet, du fait d’un ego mal maîtrisé, l’individu se voit comme un être libre, totalement indépendant, et supérieur aux autres. Or :

Renoncer à la haine, c’est donc abandonner ses préjugés. C’est arrêter de tout juger en bien ou en mal. C’est s’interroger, essayer de comprendre, rechercher les causes et pratiquer le doute. C’est tenter de mieux se connaître et de mieux connaître ce qui détermine le comportement des autres.

Renoncer à la haine revient à desserrer l’étau de l’ignorance.

La haine : définition dans le bouddhisme.

Dans le bouddhisme, la haine est l’un des Trois Poisons, les deux autres étant l’ignorance et l’attachement, le tout menant à la souffrance.

C’est l’ignorance, source de tous les maux du monde, qui nourrit la haine et l’attachement.

Or l’ignorance vient de la méconnaissance du mécanisme par lequel se forment l’ego et les illusions. L’être humain se croit une entité autonome et séparée du reste du monde, alors que tout est vacuité, c’est-à-dire vide d’existence propre.

Dans le bouddhisme, tous les phénomènes sont interdépendants, impermanents et éphémères : l’ego n’est qu’une construction mentale, une illusion qui mène à se croire séparé, différent et supérieur aux autres.

Le bouddhisme appelle à se détacher des illusions, à cultiver l’humilité et la compassion pour vivre heureux : c’est le chemin du nirvana.

Que faire face à la haine ?

Faut-il haïr la haine et rejeter les haineux ?

Haïr la haine serait imiter la haine dans son mécanisme. Il ne s’agit pas de rejeter, mais de comprendre.

En effet, la haine naît de causes parfaitement identifiables (voir plus haut).

La haine peut être comparée aux ténèbres qui s’évanouissent lorsqu’une lumière s’allume.

La haine ne peut pas chasser la haine. L’amour peut le faire. Martin Luther King

Lire aussi notre article : Faut-il combattre le mal par le mal ou par le bien ?

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