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La différence entre coeur et âme : définitions

différence entre coeur et âme

La différence entre coeur et âme : définitions. Comment aborder le coeur et l’âme en spiritualité ? Quelle signification, quel sens profond ?

En philosophie et spiritualité, coeur et âme sont parfois associés, voire confondus.

Ainsi, le coeur est parfois considéré comme le siège ou la « résidence » de l’âme : c’est notamment le cas chez Aristote. Ca n’est qu’au début de notre ère que l’âme sera associée au cerveau, même si de nombreux auteurs continueront à la relier au coeur.

L’âme est un terme ambigu qui désigne tout ce qui compose le psychisme de l’individu : ce sont ses états de conscience, son intelligence, sa raison, son intuition, mais aussi ses sentiments, ses émotions, ses passions et ses instincts.

L’âme peut être attirée vers le haut (vers les valeurs idéales, vers le Principe divin) ou vers le bas (le corps, l’ego, l’orgueil, les désirs, la peur). Elle symbolise la double nature de l’être humain, entre animalité et spiritualité, entre haine et Amour. La conscience de l’Homme semble en effet avoir émergé de sa nature physique : l’Homme est d’abord un animal qui a développé une certaine forme d’intelligence pour pouvoir survivre dans son environnement. Mais en développant ses capacités cognitives, l’humain a découvert une nouvelle réalité, plus large, plus universelle : il se pense désormais comme un être appartenant au cosmos tout entier.

L’âme est donc double : prisonnière du corps, elle réussit parfois à s’en délivrer pour accéder à des niveaux de conscience supérieurs.

Précisément, c’est lorsque l’âme réussit à s’élever qu’on l’assimile au coeur : l’individu renonce à son individualité et ouvre son coeur. Ame et coeur deviennent alors synonymes.

Tentons de comprendre la différence entre coeur et âme en spiritualité.

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La différence entre coeur et âme : définitions.

Nous l’avons vu, l’âme est attachée à l’individualité : elle peut se définir comme la somme des états mentaux d’un individu, entre psychologie et capacité à penser par soi-même.

L’âme est à la fois l’expression du conscient et de l’inconscient, du connu et de l’inconnu, du maîtrisé et du non-maîtrisé. Elle est souvent jugée chaotique et ambivalente, notamment du fait de son caractère changeant, évolutif et instable.

En alchimie, l’âme est assimilée à l’Eau et à ses trois états : solide (lié à la matière), liquide (intermédiaire) et gazeux (s’élevant vers le Ciel).

Comme l’Eau, l’âme est naturellement attirée vers le bas, c’est-à-dire vers la matière dont elle est issue. L’individu qui souhaite s’élever spirituellement devra donc fournir un effort pour se libérer de son carcan, de ses habitudes, de ses certitudes et de ses illusions, et ainsi donner une chance à son âme d’entrevoir la Vérité universelle.

Précisément, ce travail sur soi constitue le chemin du coeur : il vise à déchirer tous les voiles qui font obstacle à la vraie lumière. Le coeur peut alors symboliser l’âme purifiée, dépouillée de ses défauts, affranchie de tous ses poids.

Le coeur évoque alors l’Amour, non pas en tant qu’émotion mais en tant que grande loi cosmique : c’est la reconnaissance que tout est lié, interconnecté et interdépendant. Ainsi, le coeur est l’âme en capacité de comprendre que tout est né de la même racine, que nous sommes tous issus du même être, que nous sommes tous le même être. Autrement dit, le coeur est l’âme qui se voit non plus comme une entité séparée des autres et du monde, mais comme un élément constitutif du Tout.

Cette vision du coeur, rendue possible par l’acceptation et le lâcher-prise, aboutit à une grande tolérance vis-à-vis des autres. Elle ouvre la voie de la bienveillance, de la compassion et de la fraternité.

On parle aussi d’intelligence du coeur : l’âme se détache de la dualité pour saisir la réalité du monde tel qu’il est, dans toute son unité, ce qui passe par une certaine forme de sensibilité.

Le coeur et l’âme dans la Bible.

Dans l’Ancien Testament, le coeur est, selon les versets, le siège des émotions, des passions, de la pensée, du jugement ou de la volonté. Il correspond donc à l’âme dans son sens classique. Les Hommes doivent tout faire pour purifier leur coeur et le régénérer : ils doivent le rendre réceptif à la parole divine.

Dans le Nouveau Testament, le coeur est plus souvent le centre de la conscience pure :

Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu !
Matthieu 5, 8

Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ.
2 Corinthiens 4, 6

Christ habite dans vos cœurs par la foi.
Ephésiens 3, 17

Dans l’Islam.

Dans l’Islam, le coeur a le sens étymologique de « retournement » et de « moule », ce qui peut traduire un état changeant, évolutif. Ce qui sous-entend que le coeur est parfois fermé, parfois réceptif.

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Le coeur est un réceptacle, un moule qui contient deux choses : l’esprit (la lumière de Dieu) et l’âme (les tendances psychiques, la personnalité, les traits de caractère, les qualités et les défauts).

En conclusion, le coeur est l’âme épurée, qui a trouvé sa véritable nature. Le coeur est donc le « vrai Soi » (cf. l’atman de l’hindouisme), autrement dit l’être désillusionné, transformé, éveillé, spiritualisé mais aussi réconcilié avec lui-même et avec sa propre matière...

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