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L’altruisme : définition philosophique et psychologique

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Qu’est-ce que l’altruisme ? Définition philosophique, psychologique et sociologique. L’homme est-il naturellement altruiste ou le devient-il ?

Proposer une aide à un voisin, faire un don à une association humanitaire, se jeter à l’eau pour sauver un inconnu : autant d’exemples de comportements altruistes, qui pourront aussi bien être qualifiés de « solidaires », « généreux », « bienveillants », « empathiques » ou « philanthropiques ».

L’altruisme est une valeur reconnue dans toutes les sociétés, bien qu’elle entre en contradiction avec une autre tendance fondamentale de l’être humain : l’égoïsme. 

Altruisme est un mot formé du radical de autrui (étymologie latine : alter) et du suffixe -isme. Etre altruiste, c’est donc aller vers l’autre, se soucier de l’autre.

Entrons dans les détails et tentons une définition philosophique et psychologique de l’altruisme.

Altruisme : définition philosophique et psychologique.

Définition de l’altruisme : L’altruisme est une disposition bienveillante vis-à-vis des autres, tout en étant désintéressée. C’est le don de soi pour les autres, en sens unique.

L’altruisme se traduit par des pensées tournées vers les autres, ou encore des paroles et un comportement bénéfiques aux autres, sans qu’il y ait eu de demande particulière, sans non plus qu’un remerciement ou une rétribution soient attendus.

Une fois cette définition arrêtée, posons-nous la question de savoir si l’altruisme est ou non une tendance naturelle chez l’être humain.

L’altruisme est-il inné ou acquis ?

En psychologie et en sociologie, l’altruisme est considéré soit comme inné, soit comme acquis.

Pour savoir si l’altruisme est naturel ou acquis, plusieurs expériences ont été menées avec de très jeunes enfants :

Dès son plus jeune âge, l’être humain semble donc avoir un penchant altruiste, préférant l’aide à l’indifférence ou au rejet. Mais ces expériences comportent de nombreux biais, par exemple l’influence de l’éducation maternelle ou encore la relation à l’autorité du tiers adulte.

Une autre expérience a consisté à savoir si l’altruisme était présent ou non chez un proche cousin de l’homme : le chimpanzé. Les chimpanzés sont connus pour être agités et bagarreurs, mais certaines études ont montré que ces singes étaient aussi capables d’altruisme : partage de nourriture, coopération, compassion : lire cet article complet sur l’altruisme des chimpanzés.

Morale naturelle ou acquise ?

Les expériences décrites ci-dessus ont tendance à montrer que l’être humain est doté d’une morale naturellement altruiste : les enfants la connaissent et la pratiquent dès leur plus jeune âge, semblant en quelque sorte distinguer entre le « bien » et le « mal ».

Cette constatation n’est pas sans rappeler la thèse de Rousseau : L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt.

Dans cette vision des choses, c’est donc la civilisation qui pervertit l’être humain en l’éloignant de sa morale naturelle.

A l’inverse, Voltaire soulignait le rôle de la société et de la culture pour sortir l’Homme de son état sauvage en lui inculquant les valeurs du vivre-ensemble : Tout homme naît avec un penchant assez violent pour la domination, la richesse et les plaisirs, et avec beaucoup de goût pour la paresse.

Au-delà de ces considérations sur le rôle positif ou négatif de la société, il semble qu’il y ait en l’homme deux tendances instinctives : l’une altruiste, l’autre égoïste.

Voyons quelles peuvent être les causes de l’altruisme.

L’altruisme : ses causes (et ses limites).

Voici les principales causes de l’altruisme chez l’être humain :

On remarque ici que le caractère désintéressé de l’altruisme est très relatif. L’altruisme permet en effet soit de réduire une souffrance éprouvée à titre personnel, soit de s’assurer une réciprocité future ou une reconnaissance sociale, ou encore de répondre à un instinct de conservation voire de domination.

Au final, l’altruisme est une stratégie à la fois instinctive et sociale. La coopération apparaît, en particulier au sein du groupe d’appartenance, lorsqu’elle promet d’être plus performante que le conflit.

Ce phénomène se retrouve aussi dans la nature : l’antagonisme entre les espèces ou les individus cesse lorsque d’autres mécanismes plus efficaces apparaissent : symbiose ou mutualisme par exemple.

Élargir le cercle : une autre définition de l’altruisme.

Nous l’avons vu, tout être humain possède une tendance altruiste, mais qui s’exprime prioritairement au sein de ce qu’il estime être son groupe d’appartenance ou son territoire. L’altruisme est donc le plus souvent limité et relatif.

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Mais l’homme qui ouvre sa conscience peut élargir sa définition de l’altruisme pour l’appliquer à tout être vivant. L’autre quel qu’il soit (humain, animal, végétal…), devient alors un autre soi-même : le cercle s’élargit.

Cette vision, conforme à la loi d’Amour, apparaît chez l’Homme dès lors qu’il prend conscience que son destin est lié à celui des autres et de l’ensemble du règne vivant.

C’est la reconnaissance que le règne vivant constitue une unité où tout est interconnecté. La réciprocité est partout. Les individus composent le Tout : ils se concurrencent, s’adaptent et coopèrent, toujours au service de la vie dans son ensemble.

Le véritable altruiste est donc celui qui comprend que tous les rapports entre êtres vivants participent d’un grand Altruisme, y compris les rapports antagonistes.

Ainsi l’altruisme devient réfléchi et conscient. Il se transforme en un état d’esprit qui, loin de tout calcul, de tout jugement et de toute auto-culpabilisation, consiste à tout accepter.

L’altruisme dans le christianisme et le bouddhisme.

Le christianisme et le bouddhisme sont, tout comme l’Islam ou d’autres traditions, des religions altruistes.

Le christianisme est un universalisme qui prêche l’amour de Dieu, des autres et de la Vie, la contemplation ainsi que la charité. La charité est l’amour du prochain en tant que créature de Dieu.

L’altruisme, pour un bouddhiste, désigne la bienveillance inconditionnelle. C’est aussi le désir que tous les êtres, humains ou non, trouvent leur place dans le monde ainsi que le bonheur.

A titre d’exemple, dans le bouddhisme mahayana, le bodhisattva est un être éveillé (moine ou laïc) qui a fait le vœu de rester dans le monde afin d’aider tous les êtres vivants à se délivrer de la souffrance.

Lire aussi notre article : La haine, définition philosophique.

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